"LE FRANÇAIS EN QUESTIONS-RÉPONSES", ou "LE FRANÇAIS DANS LA BOUCHE"
Pendant ce séjour, j'ai passé de nombreuses heures en milieu scolaire. Mon objectif : aider à "mettre le français dans la bouche", autant pour les élèves que pour les enseignants. J'ai donc pratiqué de très simples questions-réponses, qui circulent d'enfant en enfant, avec le principe du bâton à parole. Quelques chansons aussi. J'intervenais par petits temps, relativement courts, apportant juste un complément rapide à l'enseignement de l'institutrice. 
Je présente ci-dessous quelques réflexions qui m'ont amenée à cette activité.  

A LA RECHERCHE D'UNE OCCUPATION
Ayant lié amitié avec un petit réseau de personnes à Analamahitsy, en banlieue nord d'Anatanarivo, je cherchais comment revenir sans encombrer. Il fallait trouver une occupation utile, qui puisse se pratiquer en divers lieux et qui puisse éventuellement être reproduite par d'autres.

LA RÉFLEXION DE DÉPART
Après mûre réflexion, je me suis rangée peu à peu au constat suivant. 
1) je suis française et j'habite en France.
2) depuis le temps que les français s'occupent de Madagascar, s'ils étaient bien placés pour contribuer au développement harmonieux de la Grande Île, il y a longtemps que tout irait bien,
3) je suis donc mal placée pour savoir quoi que ce soit
4) l'avenir de Madagascar appartient aux malgaches
5) finalement, ma seule compétence incontestable est que je parle français tout à fait couramment.

LA LANGUE FRANÇAISE, PASSAGE OBLIGÉ VERS L'ENSEIGNEMENT SUPÉRIEUR
Madagascar est l'un des très rares pays africains qui a une langue locale unique, le malgache, que tout le monde parle, tant à la maison qu'au dehors. Pourtant, le français est obligatoire dans l'enseignement. Il est (ou devrait être) la seule langue de communication au lycée et à l'université.
Une situation d'autant plus difficile que :
1) les occasions de parler français ne sont pas si nombreuses,
2) pendant les sept années de la "malgachisation" (1978 à 1985), une génération entière de collégiens-lycéens malgaches a quasiment abandonné le français, relégué au rang de langue étrangère
3) les classes de l'enseignement public sont chargées et ne favorisent pas une pratique orale.

LE FRANÇAIS ET/OU L'ANGLAIS ?
Historiquement parlant, le président Ravalomanan (2002-2009) a favorisé l'anglais et l'a déclaré langue officielle, aux côtés du malgache et du français. Les malgaches s'y sont engagés d'autant plus volontiers qu'ils estiment pouvoir le maîtriser en 3 ans, alors que 10 ans ne suffisent pas pour parler le français couramment.
Le président de la transition, Andry Rajoelina (2009-2014), a rétrogradé l'anglais au rang de langue étrangère. Quelle sera la position du nouveau président Hery Rajaonarimampianina ?
LE FRANÇAIS : dans la situation actuelle, il reste incontournable. C'est la langue des études supérieures et de l'ascension sociale.
L'ANGLAIS : mon avis personnel (et partagé avec quelques malgaches) est que l'anglais est incontournalbe pour être compétent dans le monde moderne.
Autrement dit, LE FRANÇAIS ET L'ANGLAIS, voici ma réponse personnelle, partagée avec quelques autres malgaches.