IMG_1270

Bonjour à tous,
Et oui, je n'étais pas du tout assurée de pouvoir y retourner cette année. Le premier trimestre avait été bien occupé par un déménagement. Après quarante années tarnaises, je me faisais toulousaine. Même pas le temps de m'habituer à ma nouvelle vie, je ressens la nécessité de retourner vers mes amis malgaches. Peut-être pour les sentir associés ? Oui, probablement. Bref, avant même que je m'en aperçoive, j'avais pris mon billet d'avion. 

Ce fut un séjour très différent des précédents. C'est l'hiver là-bas, il ne fait pas chaud mais les enfants de la petite école sont en vacances. Je ne vais donc pas m'engager dans mes petites séances de dialogue français, ce qui va me laisser beaucoup de temps libre. Et les enfants partent une semaine à l'océan. Je suis invitée à les accompagner, juste pour être là. Autrement dit, de vraies vacances. 

Très différent aussi :
- parce que je portais une casquette un peu fanée et que je circulais dans les rues incognito, enfin presque,
- parce que j'étais dans la vie quotidienne et que je ressens plus fort le désir de parler malgache,
- parce que nous nous retrouvons en ami.e.s et chaque fois c'est plus simple, 
- parce que j'ai pu passer plusieurs jours avec  Léa (Docteur Léa) et nous avons pu nous voir mieux que jamais,
- parce que j'ai été reçue par le hameau d'Ambodiriana pour célébrer la première année de leur école et que j'ai pu leur dire mon admiration : ils ont construit eux-mêmes l'école, ils paient eux-mêmes les instituteurs, l'association Carrousel a juste contribué à payer les fournitures pour un toit de tôle, c'est vraiment pas grand chose. 
- parce que j'ai vu Rabe et Lucie dans leur village d'Ambatofisaorana et que j'ai fait une promenade dans la campagne jusqu'à une cascade avec l'institutrice de leur Garabola, joli nom donné par les malgaches à leurs écoles maternelles,
- parce que c'était la très grande fête au village de Tsarahonenana qui célébrait l'arrivée de l'eau potable aux trois bornes-fontaines toutes neuves ; banquet de tout le village et même construction d'une estrade : concert et discours pour deux jours,
- parce que j'ai longuement vu Lova et que j'ai pu partager mes doutes et mes questions ; parce que j'ai vu son film Ady Gasy projeté dans une salle malgache et le public répondait au quart de tour, parce qu'Antanarivo était belle vue de sa terrasse, et avait l'air si calme et sereine,
- parce que j'ai pu discuter avec les techniciens de A.I.D.E.R.A. et qu'ils disent qu'ils pourraient donner de l'eau potable à bien plus de villages s'ils avaient l'argent pour payer les matériaux et j'ai dit que l'argent que Carrousel pouvait donner n'était qu'une toute petite infime partie de l'argent volé aux malgaches par l'ancienne puissance coloniale (raccourci un peu brutal, mais c'est bien l'idée),
- parce que Ma (Marguerite) m'a dit combien elle devait user de persuasion pour convaincre ses différents partenaires, garder leur enthousiasme, éviter les frictions et les susceptibiltés et j'ai accepté qu'elle use de cette persuasion avec moi pour me convaincre que c'est finalement assez facile d'être à ses côtés,
- parce que j'ai rencontré des jeunes sportifs de Rennes qui avaient aidé à réaliser un terrain de foot réglementaire dans un bled perdu et soutenaient des formations sportives pour les jeunes,
- parce que, parce que,
- parce que je sais que je retournerai.

Et, comme l'an dernier, je dédie ces articles et ces photos à mes amis malgaches et je tente ici, bien modestement, de traduire mon admiration pour leur engagement.
Danielle

P.S. Le partenariat entre Mazamet et Analamahitsy remonte à 1992. Aussi modeste qu'il soit, il continue son histoire.
-----------------
En savoir plus pour Soutenir les actions.